18 juillet 2008
Avant nos enfants chéris
Ce week-end dans le Cantal avec la troupe de John était le dernier façon insouciants trentenaires. Dans deux mois, deux couples sur quatre seront mariés, dans trois mois deux d'entre nous deviendront parents. Pas de mariage ni d'enfant pour le moment de notre côté, par contre une maison à la campagne, grande et conviviale. Pas de doute, tous les ingrédients sont réunis pour que les prochaines réunions amicales se fassent sur le mode Nos enfants chéris.

Juillet 2008 dans le Cantal - Même le Toupitou a pris la pose

11 juillet 2008
Bagages de velin
Presque deux semaines que je n'avais plus rien à lire. Du coup je m'étais rabattue sur Le testament français d'Andreï Makine, cinq fois commencé, jamais terminé. Mais cette fois encore mon esprit s'envolait ailleurs dès que j'ouvrais l'ouvrage. Du coup je passais à Lost in blue sur la DS... Il fallait faire quelque chose, j'étais en manque de mots.
Cet après-midi je suis partie plus tôt du bureau, direction la librairie. Sans idée préconçue, guidée par l'instinct j'ai craqué sur :
- Saga de Tonino Benacquista
- L'art de courir sous la pluie de Garth Stein
- L'amour est une chose étrange de Joseph Connolly
- Rencontres à Manhattan de Cathleen Schine
- L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery
Voilà, mes bagages sont prêts pour les vacances.
09 juillet 2008
En vrac
Ca y est c'est officiel, Phil se casse à Paris, retrouver Monsieur X au conseil général des Hauts de Seine. Ne reste qu'à lui souhaiter bonne chance. Jeudi dernier, c'était le pot de départ. D'abord dans les bureaux, où je me suis retrouvée couverte de vin rouge sur un pantalon en lin beige (top classe) sans boire moi-même une goutte d'alcool. Puis dans un bar d'Arnaud Bernard. Curieusement il a été le premier à partir. C'est étrange de fêter le départ de quelqu'un qui n'est pas là. Mais quelque part ça lui ressemble. Tout comme le fait de parler d'une grande fête, avant de revenir en disant que finalement ce n'est pas possible. Menfin... La soirée s'est poursuivie au port de l'embouchure, l'arrêt toulousain du festival Convivencia. Chouette soirée.
J'ai un nouveau friend date de prévu. Je crois que cette fois-ci ça va matcher, ne serait-ce que parce que sans s'être jamais rencontré, nous avons passé plus d'une heure au téléphone avant de caler le rendez-vous. Cool, peut-être une copine qui n'a enfin rien à voir avec la mairie.
En parlant de la mairie, ce qui devait arriver arrive. A savoir le ménage dans le service communication. Avec départ pour certains, changement de poste pour d'autres, grise mine pour tout le monde. Rien qui puisse me faire regretter mon départ choisi, 10 mois plus tôt. Etant désormais étrangère au service, mais connaissant tous les protagonistes, je suis une cible de choix pour déverser potins, rumeurs, rancoeurs et doutes. Malgré tout, ma position à l'extérieur du cercle ne me permet pas d'être objective sur la situation, chacun détenant sa vérité. Ce qui signifie qu'elle doit être ailleurs.
01 juillet 2008
C'est pas facile tous les jours...

Née dans le 50, ayant successivement vécu dans le 14, le 72, le 49, le 14 et le 75 avant d'immigrer dans le 32 puis le 31, j'ai effectivement un problème d'adaptation concernant le pain au chocolat. Mais après tout, peu importe, puisque quelle que soit ma demande, on me répond toujours "avec plaisir".
27 juin 2008
Aujourd'hui, Toupitou a dix ans. Dix ans bientôt que je partage la vie de ce chenapan. Dix ans d'amour, de calins, de promenades, de bagarres pour rire, de balles lancées, de poils dans toute la maison, de squattage de lit, de croquettes, comté et madeleines...
Dix ans x 2, svp, on a encore beaucoup trop à partager.

25 juin 2008
Friend dating
J'ai déjà eu maintes fois l'occasion de m'épancher ici sur ce manque d'amis que j'ai. En vrai des amis j'en ai plein, mais aucun dans un rayon de moins de... pfuittt, pour faire simple, ils sont tous dans le nord, voilà. Ici, il y a les Stefs, à une heure de route seulement, mais c'est déjà beaucoup, trop en fait pour improviser des soirées ou sorties.
J'ai donc décidé de prendre les choses à bras le corps et de rencontrer de nouvelles personnes. J'ai répondu à une femme qui avait passé une annonce sur le forum de Toulouse pour les mêmes raisons. Et c'est ainsi que jeudi dernier j'ai eu mon premier friend dating. Plutôt sympathique comme expérience. Mais je ne sais pas si je recommencerais. Pour tout dire, j'ai eu l'impression de passer un entretien d'embaûche. En une heure de temps, il fallait dire le maximum de choses sur soi, sans trop se découvrir non plus, pour espérer revenir en deuxième semaine. Je ne suis pas certaine qu'il y aura une suite. Elle est très agréable cette fille, mais on ne recherche pas les mêmes choses. Elle vient de se séparer de son mec avec qui elle vivait de manière fusionnelle, je ne rêve que de couples "comme nous" (sans enfant mais avec l'intention de) avec qui faire des dîners, des randos, des pique-niques, des sorties culturelles, des concerts, des soirées jeux de société...
Je crois que je vais finalement m'en tenir à la bonne vieille méthode du hasard des rencontres et de la vie. Jusqu'ici, ça ne m'a quand même plutôt pas mal réussi.
20 juin 2008
Où je retrouve mes réflexes
Mercredi soir, premier jour du festival Rio Loco, cette année consacré aux Balkans. Au programme de la soirée, Emir Kusturica & le No Smoking Orchestra, ainsi que Birelli Lagrène. Deux bonnes raisons de sortir.
John achète les billets le matin, histoire de ne pas avoir à faire la queue le soir. Raté. Le billet doit être échangé contre un un bracelet rose fluo, sésame pour entrer sur la prairie des filtres. Innocemment on avance près des caisses, loin d'imaginer que cette queue interminable concerne des gens dans le même pétrin que nous. Du coup, on se retrouve devant les caisses, mais séparés d'elle par une barrière... John est prêt à rebrousser chemin, pas moi. Je repère une première fille de l'autre côté, plutôt avenante, et lui demande si elle peut prendre nos billets pour les échanger. C'est non. Pas découragée, je repère une deuxième fille, seule, et réitère ma demande. Cette fois-ci ça fonctionne et cinq minutes plus tard, nous arborons les bracelets rose fluo.
Une fois à l'intérieur, le groupe Shantell vient de démarrer son concert. Il nous reste une heure avant Kusturica. Près des stands de nourriture à emporter, les files sont là aussi interminables. Les restaurants ont tous l'air plein à craquer. John tergiverse sur ce que nous devons faire, manger, pas manger, s'asseoir, pas s'asseoir... Je repère un resto qui a l'air moins engorgé que les autres, le Bosphore. Je repère une table à l'arrière, dans une sorte de patio installé pour l'occasion. On s'installe tranquillement et on dîne agréablement, tout en sirotant un rosé bien frais. Opération ventre plein réussie. Cerise sur le gâteau, nous repartons chacun avec notre gobelet réutilisable (rempli de rosé), on évite donc la case "queue pour acheter un gobelet".
Le concert démarre cinq minutes après que nous nous soyons installés, au milieu de la foule mais avec suffisamment d'espace pour respirer. Entourés de gens sympathiques, nous nous régalons. Départ un peu avant la fin de ce premier concert, histoire de ne pas rater Birelli. Au passage on retrouve Audrey et on achète des bières. Là encore, je profite d'un interstice dans le bloc compact des assoifés pour arriver jusqu'au comptoir. Je sympathise avec les gens autour de moi, du coup lorsque je suis servie avant certains d'entre eux arrivés depuis plus longtemps, personne ne dit rien. Bilan : 10 minutes pour obtenir 4 bières.
Nous ne restons pas jusqu'à la fin de concert de Birelli Lagrène et pouvons donc sortir tranquillement, sans omettre la case "rendu des gobelets". Au final, lorsque je lis les commentaires d'autres festivaliers sur le blog, je me dis d'une part qu'on s'est bien démerdés, d'autre part que j'ai retrouvé mes réflexes d'apprentie Mac Gyver (ou de chargée de com' de la Fnac selon John). Et ma foi, c'est bien agréable.
17 juin 2008
Debriefing vacances
De retour de vacances encore plus fatiguée que lorsque je suis partie, je suis malgré tout reboostée. En immersion totale avec huit amis, un mari et un toupitou, et ce pendant sept jours non stop, j'appréhendais. Non pas que je sois sauvage, mais plus couche-tôt que les autres, moins communauté friendly dirons-nous. Et alors là de deux choses l'une, soit je ne me connais pas du tout (et au bout de 36 ans, c'est triste), soit je me suis métamorphosée. Croyez-le ou non, il y a même un soir (ou plutôt une nuit) où je me suis couchée bien après John, et tous les autres soirs je suis restée éveillée aussi longtemps que les autres, vaillant petit soldat (et le plus vieux de la troupe aussi). Quant à la promiscuité tant redoutée, d'une part j'ai des amis très courtois et chacun a respecté la bulle des autres, d'autre part j'ai vraiment aimé partagé tout mon temps avec eux.
En fait, toutes les conditions nécessaires à de bonnes vacances up to me étaient réunies : longs petit-déj' façon "ami Ricoré", visites culturelles/naturelles chaque jour, un (tout petit) peu de sport, des apéros en longueur, des bouffes sympas, des feux de cheminée, des jeux de société...
Je commence à bien connaître le Périgord noir, mais je ne m'en lasse pas (enfin si, peut-être la pluie un peu). Quant à nos amis, on approfondit un peu plus les relations à chaque fois, et ça non plus je ne m'en lasse pas.
Vous n'êtes pas obligés de lire la suite de ce message, c'est un pense-bête pour me souvenir de ce qu'on a fait, ce sera plus simple pour trier les photos.
Dimanche : Château de Castelnaud
Lundi : Sarlat
Mardi : Jardins de Marqueyssac
Mercredi : Gouffre de Padirac
Jeudi : Château des Milandes & La Roque Gageac
Vendredi : Musée de la Préhistoire aux Eyzies & Gorodka
05 juin 2008
Les préjugés sont, pour ainsi dire, la ruse instinctive des hommes ; ils résolvent à travers eux bien des choses qu'il leur aurait été difficile de décider par la réflexion, et tout cela sans effort.
Georg Christoph Lichtenberg in Pensées
04 juin 2008
Suis-je bêtement trop naïve ? Ai-je tort de croire que les gens sont bons ? Bordel de merde, c'est moi qui déconne en n'étant pas adaptée à ce monde égoïste et méprisant ?
Je crois que je devrais revoir ma copie. Devenir insensible, égoïste, pas concernée. Ras le bol de me prendre des claques dans la tronche.
J'explique.
Dans mes pérégrinations sur Internet, je découvre le site d'un jeune couple, propriétaire d'une jolie maison dans le village où on achète notre propre maison. Des photos avenantes, une invitation à entrer en contact avec eux si on le souhaite. Plutôt ravie de voir que nous ne serons pas les seuls à utiliser l'outil bloguesque dans ce petit village, j'envoie un mail pour nous présenter et exprimer l'envie de faire connaissance. Je joins l'adresse du blog de la maison, pensant partager l'amour des vieilles pierres et de la chlorophyle.
La réponse ne tarde pas, positive. La rencontre devrait se faire en juin.
Hier les statistiques du blog de la maison montrent un engouement nouveau pour ledit blog, en provenance d'un autre blog que je ne connais pas. Qui se trouve être celui personnel de la propriétaire récemment contactée. Il y a une photo de notre maison, assortie d'un long message. Message qui me laisse sur le cul, si vous me pardonnez l'expression. D'une part les spéculations sur les nouveaux arrivants que nous sommes vont bon train dans le village (nous sommes les heureux parents de trois enfants, ça fait chaud au coeur), mais c'est sans doute le lot de tous les microsystèmes. Ce qui me gêne surtout, c'est l'ironie ricanante dont fait preuve l'auteur du message au sujet, et de la maison, et de nos personnes. Le blog et mes réflexions "candides" la font beaucoup rire, et elle suppose qu'elle aura d'autres occasions de céder à l'hilarité...
Comment dans ces conditions se rencontrer sereinement ? Comment établir un contact sincère ? Comment continuer de croire que les gens sont bons ?
Je vais lui écrire, parce que je ne peux pas faire semblant de ne pas savoir.